Vernissage : des couleurs à l’heure d’hiver

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Trois artistes exposent leurs œuvres dans une galerie nichée en plein cœur du 11ème arrondissement. Déambulation rêveuse.

Les encres de Nathalie Grenier représentent des personnages en quête de voyages. Sur d’anciennes cartes routières, ils se posent en maîtres des lieux. La mer et la montagne comme destinations de prédilection. Carnet de route éclairant.

Multiples sujets de création.

Les femmes inspirent la peintre. Gravures universelles.

Laurent Champoussin, photographe, est un conteur de la nature. Impressionnante forêt de sapins. Mille et une perspectives.

Les céramiques de Sylvain Gaudenzi sont  de précieux objets.

Somptuosité.

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : jusqu’au 8 décembre. Adresse : 4ter passage de la Main d’Or (75011)

Le Domaine de Chaumont-sur-Loire : jardins secrets

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Avant de découvrir la somptuosité des lieux, il nous faut gravir quelques marches. La Loire, même par temps gris, est belle. Je l’observe de longues minutes. Quiétude.

Le Château de Chaumont a eu pour célèbre propriétaire Catherine de Médicis. 1550. Le village se trouve aujourd’hui en contrebas de l’imposant monument. La reine est seule en sa demeure.

Les jardins sont la source de ma venue. Comment allier Renaissance et époque contemporaine ? De nombreuses œuvres sont exposées. Plusieurs me subjuguent. En plein midi de Klaus Pinter représente une sphère géante composée de feuilles d’or. Luxueuse.

Henrique Oliveira possède une exceptionnelle maîtrise du bois. Artiste. Sculpteur. Le tronc d’arbre s’est métamorphosé en serpent géant. Démesure.

L’artiste brésilienne Janaina Mello Landini impressionne le public de par sa réalisation. Forêt de cordages. Multiples reflets dans les miroirs. Fascinante installation.

Soudain, La serre du Bonheur d’Agnès Varda s’offre à nous. Les murs ont été créés avec des négatifs tirés de son film Le Bonheur (1965). D’emblématiques tournesols comblent la vue des passants. À deux mains réunit ceux qui s’aiment. L’arbre de Nini est d’une poésie folle. Trois œuvres sur cour. Le travail d’Agnès Varda est magnifiquement mis en valeur.

J’admire les iris. Chaque fleur est porteuse d’une histoire particulière.

Les écuries sont d’une incroyable splendeur.

Chaumont est un joyau.

Marion Allard-Latour

 

 

Joris Ivens à l’honneur aux Moulins de Paillard

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Cinéaste et documentariste de renom, Joris Ivens ne cesse de fasciner. Durant près de soixante ans, le réalisateur néerlandais a posé sur le monde un regard intelligent et grave. L’œil pour caméra.

Les Moulins de Paillard, Centre d’Art contemporain situé à Poncé-sur-le-Loir, offrent aux visiteurs la possibilité de redécouvrir son œuvre.

Dans les différentes salles, des installations vidéo nous permettent d’accéder à l’univers de Joris Ivens. Rétrospective de six films.

Philips Radio – Symphonie industrielle (1931) explore le travail à la chaîne. Conception de gramophones. Travail répétitif et infini. Je suis saisie par le visionnage d’À Valparaiso (1962). Voyage au Chili. Vie sur une colline où règne la pauvreté. Merveilleux visages. Dignité. Le linge suspendu aux fenêtres. Les femmes s’occupant des enfants. La jeunesse danse. Insouciance. Contraste.

Rotterdam – Europort conte l’histoire d’une Europe maritime. 1966.

Le Pont (1928). Impressionnantes images.

Pluie (1929) et Nouvelle Terre (1933) viennent compléter cette exposition visuelle.

Le cinéma expérimental est nécessaire à la compréhension du monde. Joris Ivens a navigué sur des mers agitées. Avec détermination, assurément.

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Joris Ivens ambulant aux Moulins de Paillard. Jusqu’au 4 août 2019

Dorothea Lange : une photographe au service de l’humanité

IMG_4027.JPG.jpegLe XXe siècle est sombre. Partout dans le monde. Dorothea Lange, l’une des plus grandes photographes de son temps, a immortalisé des milliers de visages anonymes. La souffrance est palpable.

Nous découvrons des épisodes de l’Histoire méconnus du public. L’internement des Américains d’origine japonaise en fait partie. Dorothea Lange a réalisé des clichés bouleversants de ces femmes et de ces hommes internés dans des camps. Début des années 1940. Le processus de déshumanisation a commencé. Les images valent toutes les paroles. Le silence s’impose.

Une autre série m’attire particulièrement. Des prévenus attendent leur procès. Une femme est assise, la tête entre les mains.

Des avocats sont également représentés. Ils discutent sans doute de l’audience à venir.

Dorothea Lange parcourt les Etats-Unis et montre la misère de la fin des années 1930. Nombre de familles sont contraintes de vivre dans des maisons ressemblant à des cabanes. Désuètude. Malgré tout, la dignité semble être le seul point commun entre ces personnes abandonnées de tous.

Au fil de l’exposition, nous observons des centaines de négatifs.

Florence Thompson. Nom inconnu. Pourtant, les portraits de cette mère de sept enfants sont célèbres. Chacun de ses traits est le reflet de la dureté de son existence. Elle semble vouloir fuir l’objectif. Ses chérubins se cachent. La présence maternelle est leur unique bien.

Les œuvres de Dorothea Lange traversent les époques. Hier n’est pas si lointain.

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Dorothea Lange. Politiques du visible au Jeu de Paume jusqu’au 27 janvier 2019

Les secrets de la nature au Jardin du Luxembourg

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Après-midi de printemps. Les grilles du Jardin du Luxembourg sont tapissées de splendides photographies d’Olivier Grunewald. Les passants sont sensibles à la beauté de la nature. Aux quatre coins du monde.

Les animaux en voie de disparition s’exposent. Deux ours blancs s’imposent en maîtres de leur territoire. Protection.

Devant chaque cliché, le public s’arrête de longues minutes. Le bruit parisien devient secondaire. Nous sommes dans une bulle. Poétique et écologique.

Les paysages sont également présents. Déserts lointains. La vie semble absente quand soudain une fleur apparaît. Comme par magie.

La Corée du Sud possède de somptueuses forêts. Paradis terrestre. La brume s’invite entre les arbres. Inquiétude et féerie.

Les volcans en éruption nous offrent de fascinants spectacles. Les images ont le pouvoir de nous faire ressentir des émotions, d’un bout à l’autre du monde.

Aurores boréales. L’envie de partir en Finlande afin d’observer ces majestueux phénomènes me prend instantanément. Le ciel est vert et bleu. Olivier Grunewald saisit les instants les plus précieux. Mouvement perpétuel.

Tous les esthètes doivent effectuer cette promenade unique.

Prendre le temps d’admirer notre belle planète ! Essentiel !

Marion Allard-Latour

César : sculpteur-compresseur de génie !

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En ce début d’année 2018, l’envie soudaine de découvrir l’ensemble de l’œuvre de César est grande. Le célèbre créateur du trophée récompensant les professionnels du cinéma français nous étonne à chaque instant.

Une salle immense scindée en dix parties montre aux spectateurs l’évolution de l’artiste durant plus de cinq décennies.

Un moment privilégié au Centre Pompidou !

Né à Marseille en 1921, César Baldaccini restera toujours attaché à sa ville natale. Il dédiera une sculpture à la cité Phocéenne. Belle de Mai (1956) est le fruit d’un amour absolu pour son quartier d’enfance. Souvenirs indélébiles.

Dès le début de l’exposition, je suis subjuguée par son travail titanesque. L’Esturgeon qu’il réalise en 1954 est impressionnant de par sa grandeur. Les techniques employées sont soigneusement détaillées. Ainsi, pour la première fois, César utilise la soudure à l’arc, élément qui lui permet d’être plus rapide. Action.

Il s’amuse à représenter certains animaux et autres insectes.

Deux chauves-souris attirent mon attention. Entre réel et imaginaire.

Une série de sculptures en bronze portant sur le thème des ailes est bouleversante. Légèreté.

J’avance à petits pas.

Des objets du quotidien surgissent. Deux râpes à fromage créées par César trônent sur des toiles. Relief et créativité.

César a un rapport particulier au corps féminin. Torse (1954) le prouve. Décharné et incomplet. Souffrances.

Contradiction. Plaque femme (1958) fait l’éloge de ses attributs. Sensualité.

Un autre chapitre s’ouvre. César étudie une nouvelle manière d’assembler des matériaux. Le monde de la ferraillerie lui est proche.

D’immenses fresques sont constituées de morceaux d’anciennes automobiles. Seconde vie.

Face à une Dauphine 1959 entièrement écrasée, je suis perplexe.

César n’est pas un matérialiste. Il déforme tout. Modification. Anti-consommation.

César a voulu laisser une empreinte. Ses pouces en sont les témoins. Petits, moyens ou grands. En polyester, marbre ou plâtre. Le public s’arrête de longues minutes. Illuminés par le soleil, ils ont une allure folle. Passionnante collection.

Les expansions de César sont pleines d’inventivité. Il arrive à faire prolonger un verre brûlé, un œuf ou une bouilloire remplie d’un liquide rougeâtre. Rien ne se termine.

César décide également d’envelopper des téléphones et des chaussures dans du Plexiglas. Esthétique.

La poule monumentale Fanny Fanny (1990) est moderne. Elle possède des rollers. Courir après le temps.

Les compressions murales présentes dans la dernière pièce sont faites d’affiches publicitaires et de cartons. Cadre coloré.

La rétrospective César est importante pour appréhender les soixante dernières années.

Un regard décalé sur notre société.

Plus que jamais essentiel !

Marion Allard-Latour

Marie Curie, pour l’amour des sciences

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À l’occasion du 150ème anniversaire de sa naissance, le Panthéon consacre à Marie Curie une passionnante exposition.

Née en 1867 à Varsovie, la jeune Maria Slodowska grandit auprès d’une famille intellectuelle et avant-gardiste. Ses parents, enseignants, inculquent à leur fille le sens du devoir.

Étudiante, elle décide de suivre les cours de « l’Université volante » en Pologne. Les femmes, interdites d’exercer la profession de leur choix, sont alors contraintes de renoncer à toute carrière.

La volonté est la première qualité de Marie Curie. En 1891, elle s’installe à Paris. Menant de brillantes études à la faculté des sciences, elle obtient deux licences en mathématiques et en physique.

Les visiteurs contemplent avec une certaine émotion les précieux diplômes. Solennité.

L’année 1894 est décisive. Pierre Curie entre dans sa vie. Rapidement, ils deviennent des scientifiques renommés. Plusieurs journaux de l’époque en témoignent.

Marie et Pierre Curie sont à l’origine de la découverte du radium et du polonium, deux éléments chimiques potentiellement mortels pour l’homme. Après les travaux d’Henri Becquerel portant sur la radioactivité, ces recherches représentent une avancée essentielle en terme d’amélioration de la qualité de l’air et de la vie. Une véritable quête.

Plusieurs minutes durant, j’observe avec la plus extrême des attentions, l’appareil servant à mesurer ce dangereux phénomène, devenu au fil des décennies grande source d’angoisse pour la population mondiale.

Marie Curie accordait une importance considérable aux carnets de notes. Nombre d’entre eux sont exposés. Regards admiratifs. Belle et limpide écriture.

Je lis chaque mot.

Les ingénieuses idées sont inscrites dans ces cahiers restés intactes.

Déambulation. Quelques films sont projetés. Marie Curie est aussi mère de famille. Les lettres envoyées à ses filles, Irène et Ève, montrent le profond attachement entre les trois femmes. Tendres conseils.

Pierre Curie meurt tragiquement en 1906. Digne et courageuse, Marie Curie continue ses missions. En 1908, elle est nommée professeur général des sciences de l’Université de Paris par le Président de la République, Armand Fallières.

Grande sportive, elle s’émeut du fait que les jeunes filles ne bénéficient pas d’un apprentissage complet en ce domaine au sein des grandes écoles parisiennes.

Pendant la Première Guerre mondiale, Marie Curie s’engage en développant des services de radiologie afin de soigner les soldats blessés.

Elle forme également des infirmières à ces nouvelles techniques médicales.

La femme aux deux prix Nobel de physique et de chimie ne cessa jamais d’être aussi discrète qu’extraordinaire.

Décédée en 1934, elle reste un modèle de réussite et de détermination pour les jeunes générations.

L’Institut Curie, fondé en 1909, est depuis plus d’un siècle un lieu où se mêlent exigence, éthique et morale.

En 1995, Marie et Pierre Curie entrent au Panthéon.

Indissociables !

Les multiples photographies présentées sont d’une rare beauté.

Couleurs. Noir et blanc.

Le temps n’efface rien.

Que la mémoire vive !

 Marion Allard-Latour