« La Vie de Galilée » : envers et contre tous !

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Quelques jours avant d’assister à la représentation, j’ai lu avec le plus grand des bonheurs le précieux ouvrage de Bertolt Brecht.  Durant un grand et périlleux voyage, les spectateurs de la Comédie-Française ont suivi le parcours semé d’obstacles du célèbre scientifique. Influencé par les travaux de Copernic, Galilée ne cessera de défendre les idées de son illustre prédécesseur.

Depuis les siècles des siècles, les hommes d’Eglise pensent être au cœur de l’univers.  Galilée s’oppose farouchement à cette thèse.

Créateur d’une lunette révolutionnaire, Galilée observe les étoiles de notre système. Jupiter et ses quatre satellites semblent mouvants. Il tente de convaincre son entourage. Sagredo, son fidèle acolyte, l’accompagne dans cette démarche pour la raison. Mot favori de Galilée.

Une scène me marque incroyablement. Galilée et Sagredo observent le ciel lors d’une nuit claire. La beauté littéraire se confond avec la pureté de l’instant.

Galilée continue son combat. De Venise à Rome, il essaie de convaincre ses égaux.  Puis la peste survient. Panique. Virginia, sa fille fuit l’épidémie avec Andrea Sarti. Jeune protégé de Galilée et fils de sa servante.

Nous sommes éblouis par l’ingéniosité du dispositif.

La pape apparaît. Il règne sur le monde. Galilée est menacé par une condamnation sans espoir de vie. Les religieux attendent sa rétractation. L’ombre de Giordano Bruno plane encore sur l’Italie.

Galilée choisit l’existence. Irrémédiablement.

Vieillissant, Galilée abandonne ses principes. Il ne peut rien prouver. Déchu par ses propres concitoyens. Science et dévotion sont antagonistes.

Reclus en lui-même, il se révèle être un génie. Les Discorsi sont cachés. Il n’a pas arrêté de penser et d’écrire. À l’aube de sa mort, Galilée dévoile à Andrea Sarti une immense découverte.  Mécanique de la chute des corps.

La mise en scène d’Éric Ruf est exceptionnelle. De grands tableaux de la Renaissance couvrent les murs et se déplacent constamment. Les costumes, signés Christian Lacroix, sont à eux seuls un véritable spectacle. Or, rouge et ocre se mélangent somptueusement.

Hervé Pierre est l’interprète rêvé pour jouer Galilée. Guillaume Gallienne est un pape magnifique.

Fantastique troupe.

Marion Allard-Latour

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