URSS 1970 : en quête d’un pays libre

fullsizerender-6Fresque terrifiante que cet URSS 1970. Nous sommes pourtant au début de la décennie où l’espoir renaît. Mouvements révolutionnaires à travers le monde. La Russie est reconnue pour sa grandeur. Moscou et sa Place Rouge. Le communisme est considéré comme une véritable religion. Le capitalisme doit disparaître. Chaque citoyen se voit dans l’obligation de tout partager avec ses voisins. Espionnage. Délation. Le KGB règne sur l’ensemble des foyers.

Un personnage aux habits de magicien est le narrateur de l’histoire contée. Description des kommunalkas. Appartements habités par plusieurs familles. Les secrets n’ont pas lieu d’exister. La menace est permanente.

Léna est une jeune femme enthousiaste. Amoureuse de la vie. Elle est enceinte. Son époux, Youri, est peu loquace. Il ne pense qu’à l’écriture. Les mots représentent son unique consolation. Depuis plus de deux ans, Léna cherche à fuir son pays natal. Elle ne lit que des livres interdits. Elle se définit ouvertement comme anticommuniste.

Une lettre arrive. Le dernier espoir s’est bien produit. Le couple vient d’obtenir l’autorisation de quitter le territoire. Léna laisse exploser sa joie. Une seule condition est requise afin que ce rêve devienne réalité. Olga, la mère de Léna, est contrainte de partir. Stupeur. Acception. Puis refus.

Elle se dit trop âgée pour un si long voyage vers l’Amérique. Léna est prête à se tuer si elle ne part pas le lendemain. Vingt-quatre heures de réflexion et d’angoisse. Olga se souvient du passé et de son autre fille disparue. Elle se résigne finalement à suivre Léna et Youri. Anna, sa sœur, ne comprend pas le choix de son aînée. Toutes deux sont viscéralement attachées à la Russie.

Ivan Ivanovitch est le voisin. Communiste, il réfute les idées de Léna.  Ivanovitch ne s’intéresse qu’aux bien matériels du ménage. Vilenie.

Les obstacles sont nombreux sur le chemin de la liberté. Léna, Olga et Youri connaissent l’humiliation la plus extrême à l’aéroport. Fouilles effectuées par des membres du KGB. L’avion est si près d’eux. Et si loin.

La chanson Quand on a que l’amour est interprétée en russe. Youri tombe à terre. Léna et Olga se sont envolées. Vers un ailleurs plus prometteur.

La mise en scène de Macha Orlova est simple mais tellement significative. Intérieur modeste. Il ne subsiste que des objets de première nécessité. La musique apparaît comme le fil directeur de ce spectacle. Furtive et prenante. Le texte est d’une brutalité rare. Belle densité.

Les comédiens sont tous à l’unisson. Partition dramatique.

Une pièce nécessaire.

Marion Allard-Latour

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