Prévert renaît grâce à Yolande Moreau et Christian Olivier

IMG_4531.jpgJolie décision que de reprendre des textes de Jacques Prévert, connus ou oubliés. Yolande Moreau et Christian Olivier sont les poètes d’aujourd’hui. Nous rions à gorge déployée avant que les larmes ne s’invitent quelques instants. Puis elles sont ravalées. Va-et-vient subtil et mélancolique.

T’as d’beaux yeux tu sais, Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple… Phrases résonantes pour chaque être ayant un peu vécu.

Prévert est l’éternel absent de la scène. Il est pourtant bel et bien présent. Miracle. Son âme voltige au-dessus de nous. Yolande Moreau et Christian Olivier sont habités par la figure de cet artiste intemporel.

Poèmes. Chansons. Les sujets abordés sont drôles puis tragiques. Politiquement incorrect aussi. Affronter chaque époque par le biais de l’intelligence. Révolution ! Dieu est rhabillé pour l’hiver !

Les deux complices entraînent le public dans un lieu où seuls les mots sont pérennes.

Le couple, la solitude, l’ennui de l’existence, le refus de se soumettre véritablement à l’autre…

Ceux que l’on appelle les émigrés ont toute leur place dans cet espace dédié à l’art. Ils bravent le danger en pensant à un avenir meilleur. Christian Olivier leur rend un vibrant hommage. À tous les opprimés de la terre… Les familles qui fuient la guerre. Les enfants blessés. Orphelins des temps modernes.

Un semblant de légèreté revient avec une interprétation sublime des Feuilles Mortes. Le chanteur des Têtes Raides nous enveloppe de sa voix suave. Yolande Moreau est tendre et délurée.

Trio absolument génial ! Les musiciens accompagnent les comédiens sur des airs jazzy. Tout nous parvient avec délicatesse.

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Prévert au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 10 février 2019

Le Faiseur de théâtre ou la passion des planches

IMG_4616.JPGPremière représentation synonyme d’exploit littéraire et artistique au Théâtre Déjazet. La mise en abyme de ce Faiseur de théâtre est spectaculaire. Prolongement de la salle. Le plateau est au plus près du public. Pour une meilleure réception de l’œuvre de Thomas Bernhard. André Marcon joue incroyablement l’acteur d’État, Bruscon. Personnalité complexe, il ne manque pourtant pas d’humour. Cynique et misogyne, certes, mais drôle.

Bruscon est l’auteur d’une comédie intitulée « La Roue de l’Histoire ». Son épouse, sa fille et son fils interprètent les rôles principaux. Ils se déguisent en de célèbres personnages. Marie Curie, Lady Churchill, Maeterlinck et Napoléon/Bruscon sont ainsi convoqués sur la scène du village d’Utzbach. Bourgade d’à peine trois cent âmes. Bruscon méprise cette province au plus haut point. Le théâtre dans lequel il est accueilli tombe en désuétude. Il râle de manière pertinente et profonde. Ses inquiétudes connaissent une grande solitude. L’aubergiste répond à ses demandes. Bouillon à l’omelette. Obsession de Bruscon.

Enthousiasme pour ce spectacle unique et en somme indéfinissable. Le texte est d’une richesse éblouissante. Chaque mot, chaque phrase sonne comme un éclat de cristal. Nous voyageons en Autriche. Bruscon continue de blâmer son entourage. Sarah et Ferruccio sont indignes de leur père. Anti-talents répète le brillant comédien. Ils ne s’intéressent pas aux philosophes. Spinoza a tant à leur apprendre. Sa femme est malade. Poitrinaire. Bruscon ne cesse de la railler.

Bruscon n’exige qu’une seule chose. Simple et compliquée à la fois. Éteindre toutes les lumières du théâtre à la fin de sa pièce. L’hôtelier doit demander au chef-pompier d’accomplir cette mission. Bruscon s’en offusque. Cela doit être réalisable sans faire appel à une tierce personne. Énième obsession du prodige de l’Autriche.

Bruscon crée son univers. À travers ses paroles, c’est toute l’histoire de l’Autriche du XXème siècle qui est dépeinte. Bruscon s’intéresse aux potentats. Dégout. Il fait de l’art pour améliorer le monde. Rendre les gens plus intelligents. Et pour lui aussi. Égoïstement.

Sa famille n’est pas faite pour ce métier. Bruscon en est attristé. Colère. Tous les gènes ne se transmettent pas de parent à enfant. Il est tyrannique mais chacun en a l’habitude. Nous sentons en lui des lueurs de tendresse. Lorsque le public fuit après un incendie dans le centre d’Utzbach. Défaite physique et morale. Proche du néant. Bruscon a perdu toute son énergie à répéter. Pour rien. Cauchemar parmi les cauchemars. Hantise de l’artiste.

La mise en scène de Christophe Perton est majestueusement réussie. Théâtre dans le théâtre. Celui d’Utzbach est ancien et inoccupé depuis bien longtemps. Bruscon prend la place nécessaire afin de lui rendre un semblant d’humanité.

André Marcon est magistral. Éric Caruso, Agathe L’Huillier, Jules Pelissier, Barbara Creutz et Manuela Beltran sont les merveilleux accompagnants de Bruscon. Silencieux devant le maître.

Inclination respectueuse !

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Le Faiseur de théâtre au Théâtre Déjazet. Jusqu’au 9 mars 2019

Je parle à un homme qui ne tient pas en place : Jacques Gamblin et Thomas Coville, complices au-delà des terres

fullsizerender-3Parfois, les humains ont grand besoin de mettre de la distance entre eux et le reste du monde. Thomas Coville s’est lancé un pari fou. Faire le tour des océans en moins de 57 jours. Record à battre. Seul sur son voilier, personne ne le domine. Sauf l’eau. Incontrôlable élément.

Jacques Gamblin lui écrit. Jour après jour. Nous sommes en 2014. L’acteur le pousse à relever ce défi. Les spectateurs suivent le trajet de Coville grâce à une mappemonde. Il avance. Sûrement. Petit point jaune perdu au milieu de la mer.

Les mots de Gamblin sont plus forts que les immenses vagues. Il ne sait toujours pas si son ami le reçoit cinq sur cinq. Il doute mais ne peut s’empêcher de l’encourager. Tendre obsession.

Coville rencontre une difficulté majeure. Il est bloqué au large de l’île Sainte-Hélène. Anticyclone. Abandon. Sur l’écran qui nous permet de vivre au plus près cette expérience, une dépêche AFP s’affiche. Thomas Coville fait demi-tour. Troisième échec. Gamblin est effondré.

Un millier de questions se posent alors. Coville est un aventurier. Il envoie un court message à Gamblin. Coville n’a jamais lu de choses plus belles et plus vraies. Les pensées du comédien l’aide à tenir dans cette défaite.

Jacques Gamblin s’interroge sur la condition de l’homme. Les héros n’existent pas. Alors que Coville s’approche peu à peu des côtes, Gamblin parle de son métier. Adrénaline. Pourquoi monte-t-il sur scène chaque soir ? Pour se faire mal ? Quelles sont les raisons de la fuite de Coville ? Tous deux tentent d’échapper au quotidien. Extraordinaires professions.

Nous entendons la voix de Thomas Coville. Brouillée par les interférences. Jacques Gamblin évoque des bribes de son existence. Mais rien n’est plus intense que ce monologue monologué.

 Coville arrive. Habituellement, les marins sont avares en paroles. Pourtant, à ce moment précis, il dit tout ce qui lui tient à cœur. Peut-être est-il lâche en partant pour cet ailleurs ? Ainsi pense-t-il.

Jacques Gamblin et Thomas Coville ne font plus qu’un. Gamblin est son double. Il le représente sur scène.

La salle toute entière vibre.

Comme il se doit, les retrouvailles sont silencieuses.

La scénographie de Pierre Nouvel est totalement adaptée à cette situation de l’extrême. Nous embarquons avec Thomas Coville et Jacques Gamblin pour un périple unique.

Le public ressent toutes les sensations. Violence, espoir, flot de belles métaphores, courage et détermination.

Un spectacle magnifiquement porté par Jacques Gamblin. Maître de la poésie !

Marion Allard-Latour

Déjeuner chez Wittgenstein : Thomas Bernhard livre une vision cynique de la famille

img_4507Le dramaturge autrichien Thomas Bernhard reste résolument moderne même trente ans après sa disparition. Déjeuner chez Wittgenstein est aussi déroutant que drôle. Rire jaune. L’absurde s’invite en permanence. Réunion familiale peu commune entre deux sœurs et un frère. Ils ne partagent presque rien en commun si ce n’est le sang. Leurs différences font leurs forces. Formation d’un trio étonnant. Détachement primordial.

Les spectateurs sont contraints ou non d’adhérer aux propos vifs de Ludwig et des seules femmes de sa vie. Texte virulent. Dès le départ, nous savons que Ludwig est attendu. Résident d’un hôpital psychiatrique, le philosophe se voit décerner la palme de la perfection par l’une de ses parentes. L’aînée est attentionnée envers lui. Être d’exception. Elle est aveuglée par son intelligence et sa folie. Deuxième mère.

La cadette se trouve très éloignée des préoccupations fraternelles. Elle est comédienne tout comme sa grande sœur. Théâtre de Josefstadt. Le faste de Vienne. Enfants de la balle du côté de leur oncle. Cependant, leur carrière respective est au point mort. Les autres membres de la famille dénigrent l’art. Mieux vaut être financier.

Long prologue avant que la comète Ludwig débarque littéralement sur le plateau. Installation d’une situation particulière. Beethoven est de la partie. Héroïque.

 Ludwig se distingue par son omniprésence. Lorsqu’il vient jusqu’à nous, le trouble est immense. Est-il fou ? Ou ses sœurs sont-elles folles ? Ils sont obsédés par les portraits familiaux accrochés sur les murs de la maison d’enfance. La mère, le père et les deux oncles. Longue analyse de Ludwig. Psychologie et philosophie se rejoignent continuellement. Ludwig ne veut pas venir habiter là. Il préfère retourner de toute urgence dans son nid thérapeutique. Les avis se contredisent. La sœur protectrice désire le réintégrer à son ancienne existence. Impossibilité.

Le déjeuner peut commencer. Tension permanente. La plus âgée est névrosée et maniaque du rangement. La seconde ne pense qu’à danser. S’enfuir à l’autre bout de l’Europe. Essai raté et regretté. Ensemble, ils abordent de nombreux sujets. Tous sont soumis à la même fin. Parler sans réellement se comprendre. Les caractères des trois protagonistes sont enflammés.

Thomas Bernhard s’interroge sur la place des artistes dans la société. Ils apparaissent comme marginaux et merveilleusement talentueux. Colériques et doux. Simultanément. Ludwig aime Beethoven. Un prénom les réunit.

La musique apaise ces âmes tourmentées. Que faire de ce bel après-midi ? Éclatement de disputes. Puis s’endormir. Du moins se reposer un instant. La trêve est signée !

La mise en scène d’Agathe Alexis témoigne entièrement du passé des personnages. Ambiance où les ancêtres règnent en maîtres incontestés. Décor bourgeois et austère.

Yveline Hamon, Anne Le Guernec et Hervé Van der Meulen incarnent incroyablement cette famille qui ne connaît en rien les sentiments affectueux. Froideur et fine vengeance.

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Déjeuner chez Wittgenstein au Théâtre de Poche Montparnasse jusqu’au 3 mars 2019

Peau d’âne : la magie s’invite au Théâtre Marigny

img_4611

 

À l’occasion de la réouverture du Théâtre Marigny, Peau d’âne fait une rentrée enchantée. Nous sommes immédiatement projetés dans un monde onirique où seule la poésie compte.

Le film de Jacques Demy a marqué plusieurs générations de spectateurs. Les chansons sont connues de tous. Rêves secrets d’un prince et d’une princesse, Il était une fois, Les ministres, le savant… L’émotion est la même à chaque écoute. La musique de Michel Legrand est intemporelle. Tendre retour en enfance.

Du château de la belle princesse à la forêt dense et obscure, nous suivons l’histoire d’une jeune femme refusant la main de son père. Sa marraine la fée l’aide dans sa fuite. L’ingénue demande au roi des robes aux couleurs indéfinissables. S’il réalise ses vœux, elle ne pourra se soustraire au terrible mariage.

Elles sont plus belles les unes que les autres. Couleur du temps. Couleur du soleil. Couleur de la lune. Véritable défilé.

Le monarque a réponse à tout. La fée lui lance un ultimatum à travers la parole de sa chair. Elle désire obtenir la peau de son âne. Curieuse demande. Encore une fois il obtempère.

Disparaître est l’unique solution. Peau d’âne devient un souillon. Nous rencontrons des personnages aussi drôles que fascinants. Une vieille sorcière acariâtre. Des dizaines d’inconnus dansant joyeusement.

Un prince se cache dans cette contrée. Sa rencontre avec Peau d’âne est inéluctable. Coup de foudre.

Les décors sont d’une incroyable somptuosité. Les différents protagonistes entourent Peau d’âne de manière gaie et envoûtante. Conte pour enfants.

Marie Oppert incarne très bien cette future reine. Promise à l’élu de son cœur. La fée Emma Kate Nelson est rock ‘n’roll à souhait. Elle se déplace en rollers. Drôlerie certaine. Marie-Agnès Gillot campe une mère attentionnée envers son fils épris de Peau d’âne. Magistrale. Claire Chazal est la narratrice inattendue de ce spectacle.

Le final éblouit petits et grands !

Amour, amour je t’aime tant !

 Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Peau d’âne au Théâtre Marigny jusqu’au 17 février 2019

Ivanov : Christian Benedetti réinvente Tchekhov !

img_4605Cet Ivanov est fort. Le texte est enlevé et drôle malgré un sujet grave. Ivanov est un homme ressemblant au commun des mortels. Pourtant, sa vie est un roman. Sinistre, menteur et profiteur.

Confortablement installé, il est marié à Anna, jeune femme atteinte de phtisie. Il l’a épousé pour sa dot. Avare en sentiments. Autour de lui se tiennent deux personnages haut en couleurs. Son oncle, un comte vivant à sa merci et Misha, responsable de ses affaires. Être propriétaire foncier n’apporte pas que des avantages. L’esprit de la Russie est présent dans chacune des scènes. Humour particulier. Douce folie due à la vodka.

La pauvre Anna ignore le mal dont elle est atteinte. Elle semble fragile et forte à la fois. Son médecin veut la protéger contre son monstre d’époux. Lvov, de son prénom, est un soignant débutant. Son rôle est capital. Le dernier rempart pour Anna.

Ivanov est fuyant. Il passe le plus clair de ses journées chez les Lebedev, amis anciens. Un lien de confiance s’est instauré entre eux. Les apparences sont souvent trompeuses. Fête permanente. Jeu de cartes. Les protagonistes parlent fort et ne s’entendent plus.

Sacha, leur fille, est amoureuse d’Ivanov. La tragédie se noue pour Anna. Mort imminente.

Misha est caustique. Moments de rires intenses.

L’argent est l’autre problème soulevé par la pièce. Ivanov a des dettes. Comment faire face à cette difficulté ? Une de plus.

Son union avec Sacha est scellée. Le couple Lebedev est déluré. La lutte entre Sacha et les autres est terrifiante. Ivanov se sert également de Sacha. Sa morale est faible. Elle le mènera jusqu’à sa propre fin.

La mise en scène de Christian Benedetti est digne de l’œuvre de Tchekhov. Le XIXème siècle se mêle au XXIème.

Vincent Ozanon incarne parfaitement Ivanov. Perdu dans l’immensité du monde. De son petit monde bourgeois. Laure Wolf est une extraordinaire Anna. Christian Benedetti est un comédien hors pair ! Formidable Misha.

Le reste de la distribution est aussi joyeuse que délurée. Le drame devient comédie. Et vice-versa !

Marion Allard-Latour

Britannicus : les racines du pouvoir

img_4604L’œuvre majeure de Jean Racine, maître incontesté du théâtre, est revisitée par Stéphane Braunschweig. Cynisme politique. Ce Britannicus est d’une cruauté exacerbée. La violence employée est verbale puis physique. Les meilleurs orateurs arrivent toujours à leur fin. Implacable Néron !

Le fils d’Agrippine et de Claudius est devenu empereur de Rome. Les lauriers sont dressés sur sa tête emplie de rancœurs. Le terrible Néron a écarté sa mère du pouvoir. Agrippine s’en plaint sans discontinuer. Quelle personne est-elle pour avoir mis au monde un enfant si infâmant ?

Le demi-frère de Néron, Britannicus a lui aussi été lynché par cet être de même sang. La gloire ne lui est pas destinée. Cependant, il possède l’amour de Junie. Relation unique. Coup d’éclat. Néron enlève Junie afin qu’elle devienne sa femme. Dans le même temps, il décide de répudier son épouse, Octavie. Tradition familiale respectée. Sans doute le public est-il fasciné et outré par tant de médisance.

Burrhus, le gouverneur du maître Néron, le soutient. Les personnages donnent un relief particulier à cette histoire, digne d’une des plus grandes tragédies des temps de la cité éternelle. Le traître par excellence se nomme Narcisse. Il feint de compatir à la douleur d’Agrippine et de Britannicus. Les anciens ennemis deviennent des alliés.

Narcisse est en réalité le fidèle serviteur de Néron. Ensemble, ils élaborent le plan de faire de Junie une véritable reine. Contre son gré. Les scènes où elle réclame sa liberté sont poignantes de vérité. Les époques se ressemblent.

Néron ne connaît point la pitié. Narcisse est machiavélique. Le décideur et son ministre trompent leurs proches. Quant au peuple, il est bien trop éloigné d’eux pour comprendre ces arrangements nébuleux.

Britannicus est dévasté. La paix s’instaure alors entre les deux parties. Pourquoi ? La réponse semble obscure. Junie est saisie par la peur. Guet-apens. Elle quitte son amant. Pleurs incessants. La douce Agrippine la réconforte. Néron a subitement changé d’attitude mais il faut lui faire confiance. Regard d’une mère aveuglée par sa progéniture, malgré les trahisons.

Britannicus est mort. Complot de Néron et de Narcisse. Les monstres restent des montres. Junie s’enfuit. Loin du tumulte. Sur terre ou ailleurs. Burrhus est effondré. Une bonne âme se cachait en lui. Inutile usage.

Le roi reste roi.  Seul. Magnifiquement seul.

La mise en scène de Stéphane Braunschweig est étonnante mais convaincante. La pièce principale du palais a l’aspect d’une salle de réunion. Intéressante transposition dans le monde moderne.

Dominique Blanc interprète une Agrippine forte et déterminée. Laurent Stocker est d’une insolence morale dépassant toutes les limites. Stéphane Varupenne donne toute son intensité à ce Britannicus dépouillé de ses purs sentiments. Benjamin Lavernhe, Hervé Pierre, Clotilde de Bayser et Georgia Scalliet sont d’une justesse folle.

Une composition plus que réussie. Le texte de Racine nous parvient de manière brillante. Britannicus ou la défaite d’accéder au poste suprême.

Méditons !

Marion Allard-Latour