En attendant Bojangles : l’amour malgré la folie

Bojangles.2018.jpg

La voix de Nina Simone est le fil conducteur de cette œuvre onirique. En attendant Bojangles, roman fabuleux d’Olivier Bourdeaut, fut un succès dès sa sortie en librairie. Adapté au théâtre, le texte prend une toute autre dimension. Belle et intemporelle.

Les trois protagonistes de cette histoire sont des héros romantiques. En apparence seulement.

Un couple se marie dans une petite chapelle. Seuls. Leur fils naît. L’amour se démultiplie alors.

Elle n’a pas de prénom. Son époux l’appelle successivement Hortense, Louise ou Marguerite. Selon ses humeurs, elle préfère tel ou tel diminutif.

Le père et le garçon se penchent sur l’existence qu’ils mènent au sein d’un appartement cossu. Le charme discret de la bourgeoisie.

La femme aimée s’invente des scénarios. Comme dans les contes. Ils sont colorés, joyeux et délurés.

Son caractère séduit et enchante.

Mademoiselle Superfétatoire incarne un personnage important. Oiseau venu d’ailleurs.

Elle se nomme Elsa à présent. Son tendre et cher en a décidé ainsi.

Elsa se lie d’affection pour Mademoiselle. Cette dernière apparaît sur un écran de velours. Sommes-nous en train de rêver ?

Hortense aime les fastueux dîners. La famille acquière un château en Espagne. Marguerite est comblée.

Sur le tourne-disque, elle place un vinyle de Nina Simone. Louise danse. Ses hommes sont entraînés.

Retour en arrière. La rencontre est définitive. Marguerite et son âme sœur.  Ils se croisent lors d’un bal. Timides, ils finissent par se dire des mots. Avant les maux.

Le public est saisi d’émotion. La fiction est quelquefois plus forte que la réalité.

Il lui annonce qu’il a été l’amant de Joséphine Baker. Hasard. Elle est sa petite-fille. Il est peut-être son grand-père.

La scène est grandiloquente.

Louise sombre dans la folie la plus totale. Internée dans un hôpital psychiatrique, elle est consciente de son état. Elle élabore un stratagème pour sortir de cette prison.

Ses deux compagnons de vie jouent aux gangsters afin de la délivrer.

Les crises se font plus rares jusqu’à l’éclatement. Elle est condamnée. Schizophrénie. Certainement.

Son fils dort mais elle lui parle sans le réveiller.

Nous devinons l’épilogue. Récit de passion.

Chaque humain a ses failles. Elle attend Mr Bojangles.

Julie Delarme, Didier Brice et Victor Boulenger enchantent les spectateurs !

Marion Allard-Latour

Darius : le parfum à la senteur de l’espoir

Darius.jpg

Certaines pièces nous émeuvent à l’infini. Darius fait partie de cette catégorie. Claire Chambaz est une femme à qui tout réussit. Brillante chercheuse au CNRS, elle semble heureuse. Mère d’un fils de dix-neuf ans, elle en fait l’éloge.

Cependant, Claire envoie une missive à Paul, parfumeur hors norme. Mystère. En réalité, elle est est fragile. Darius, son enfant, est atteint d’une maladie dégénérative. Il ne peut plus bouger. Sa passion pour les voyages est telle que Claire décide de le transporter dans des mondes connus et inconnus. L’aide de Paul est vitale.

Claire et Paul sont sur scène. Côte à côte. Face à face. Ensemble et séparés. Les lettres se multiplient. Au départ, Paul ne veut pas participer à cette aventure. Seule sa rencontre avec Darius le fera changer d’avis.

Son but principal est de se rendre dans les lieux que Darius aime. Ses flacons sont d’excellents compagnons de route.

Sur les indications de Claire, Paul part pour Rochefort. Un jeu s’installe. Il revient avec l’odeur de la ville. Darius reconnaît immédiatement. À travers ces fragrances, le jeune homme se rappelle.

Malgré son absence physique, Darius est le centre de toutes les attentions.

Il flâne le long des rues, retrouve des personnes appartenant à son passé. Les souvenirs sont merveilleux. Claire est aux anges.

Quant à Paul, il reprend goût à l’existence après le décès de l’épouse aimée.

Les périples qu’il effectue incarnent une libération de l’esprit.

Les demandes de Claire se succèdent. Amsterdam. Barcelone. Les films Stars Wars. Paul doit recréer des univers. Artiste complet.

Parfois, il échoue. L’enthousiasme laisse alors place à l’inquiétude. Darius s’énerve. Puis il finit par accepter ces challenges. Calme.

Nous rions et sourions parfois. Mais les larmes ne sont jamais loin.

L’amitié est la plus belle des vertus. Darius est paisible.

Sa respiration cesse. Tout continue. Moins bien qu’avant. Forcément.

La mise en scène d’Anne Bouvier est formidablement poétique. Clémentine Célarié et Dominique Pinon évoluent majestueusement dans ce décor.

Nous sommes dans l’intimité. Chaque parole prononcée fait écho à nos doutes. Nos tristesses.

Marion Allard-Latour

Un Fil à la patte : Feydeau un jour, Feydeau toujours

 

Fil-à-la-patte-250x240

La saison estivale débute avec des rires soutenus. Un fil à la patte, inimitable vaudeville, séduit extraordinairement le public. L’histoire est cocasse. La jeune et solaire Lucette Gautier profite des nuits parisiennes pour chanter dans des cabarets. Populaire. Depuis longtemps déjà, elle est éprise de Mr Bois d’Enghien, un aristocrate perdu dans ses sentiments. Rupture. Réconciliation. Les dialogues sont savoureux.

Fernand de Bois d’Enghien ment à sa maîtresse. Elle est si enjouée qu’il ne sait comment lui annoncer une nouvelle plutôt dérangeante. Son mariage prochain avec la fille de la baronne Duverger.

Une succession de personnages farfelus déambulent chez Lucette. Il est alors impossible pour ce cher Bois d’Enghien de lui dire la vérité.

La période des jours fastueux a commencé. Les dîners s’enchaînent. Lucette est très demandée par la gent masculine. Un parolier ridiculement timide lui propose d’interpréter l’une de ses œuvres. Camille Bouzin est renvoyé de la demeure.

Imbroglios nombreux et délicieux.

Un général caricatural se joint au cérémonial. Amoureux de Lucette, il lui déclare sa flamme. Son traducteur ressemble à un détective privé. Ils deviennent à leur tour des acteurs centraux de la pièce.

Madame Duverger mère débarque. Grande bourgeoise froide et distante. Elle effectue les ultimes préparatifs afin que l’union de son enfant soit une réussite.

Lucette Gautier est invitée à la noce en tant qu’artiste.

Les gais lurons se retrouvent dans l’immense salon de la famille Duverger. Viviane, la délicate fiancée, est avare en compliments quant aux qualités de son futur époux.

Faire bonne figure devant la société.

Lucette, en professionnelle, s’installe et décide de répéter. Jusqu’à l’apparition de Bois d’Enghien, pourtant caché dans un placard. Les mots valsent et les objets volent.

Fernand, en homme lâche, continue ses tromperies.

Le dénouement est proche. Irrésistible.

La mise en scène de Christophe Lidon nous entraîne dans la plus mythique des capitales. Les images du Moulin Rouge et du Sacré-Cœur, disposées en arrière-plan, sont une passerelle entre hier et aujourd’hui.

Les comédiens perpétuent la tradition voulue par Feydeau en incarnant de telles énergumènes. Épatante Catherine Jacob !

Marion Allard-Latour

Cluny, une ville remplie d’histoire au coeur de la Saône-et-Loire

Cluny

Chaque passage à Cluny relève de l’émerveillement. L’abbaye contribue grandement au rayonnement de la cité.

Je garde en souvenir la visite du haras jouxtant l’imposant monument. Havre de paix.

La Place du Marché offre une vue imprenable sur l’Hôtel de Bourgogne. La couleur des fleurs se mélangent avec les rayons du soleil.

Se promener dans les multiples ruelles est une joie réelle. Les touristes admirent la belle pharmacie de l’extérieur. Joyau.

Nous flânons. Les yeux levés vers le ciel. Les immeubles se dévoilent alors. Authenticité.

Nous décidons de nous rendre à nouveau au sein du somptueux édifice. La guide est une conteuse hors pair. Un millénaire défile ainsi. Cluny fut durant cinq cent ans la plus importante église de la chrétienté. La basilique Saint-Pierre de Rome vint affaiblir son pouvoir au début du XVIème siècle.

Cependant, Cluny garda toujours une aura particulière.

Les arcades sont d’une symétrie exemplaire. Notre accompagnatrice souligne cet élément architectural rare après avoir interprété un chant grégorien.

Nous terminons notre périple par une exposition intitulée Bestiaire du monde. Rencontre avec les animaux de tous les continents.

Le Mâconnais est une région pleine de surprises. Le vignoble est d’une qualité remarquable. Les épicuriens sont comblés !

Sur le chemin de vos vacances, vous passerez peut-être en Bourgogne ! À la bonne heure !

Marion Allard-Latour