Les ondes magnétiques : l’odyssée des radios libres

Ondes-magnetiques.jpg

Le printemps est doux en 1981. François Mitterrand arrive au pouvoir. La fête peut commencer pour la jeunesse. Jusqu’à la désillusion.

L’histoire débute en 1980. Valéry Giscard d’Estaing est encore là pour quelques mois.

Radio Quoi se veut inventive, drôle et impertinente. Divers problèmes viennent contrarier les plans de la joyeuse troupe. Matériel confisqué, privation d’antenne… Chacun se bat à sa manière.

Les spectateurs sont plongés dans cet univers un peu fou mais tellement séduisant. Les comédiens jouent plusieurs rôles. Du journaliste amateur au patron autoritaire et maniaque, nous découvrons l’envers du décor.

La concurrence est rude. Une fusion semble la seule issue possible afin de continuer à s’exprimer.

Souvent, dans la pénombre, les protagonistes s’interrogent sur le devenir du socialisme. Crise politique.

Ils fréquentent les Bains Douches et le Palace. Les soirées arrosées n’en finissent plus.

Tous chantent des tubes restés célèbres. Cependant, une page se tourne. Inévitablement.

À présent, les rêveurs excentriques doivent travailler avec une femme bourgeoise et très distinguée. Elle présente une émission sur le catholicisme. Étonnant mélange des genres.

Joli capharnaüm.

« Champagne » de Jacques Higelin résonne dans le Théâtre du Vieux-Colombier. Un des aventuriers décrypte les paroles. Incroyable instant.

L’insouciance a disparu.

Le sol est tapissé de pochettes vinyles. La musique rassemble les esprits. Elle accompagne chaque épisode de la vie.

Une pièce engagée et envoûtante portée par des comédiens au magnétisme rare !

Marion Allard-Latour

Porquerolles : sur les traces de Marianne et Ferdinand

Porquerolles.jpg

Anna Karina et Jean-Paul Belmondo, les deux acteurs du film Pierrot le Fou, ont marqué l’île de Porquerolles. Marianne et Ferdinand aussi. Indissociables. En cinéphile passionnée, je décide de partir à la recherche de la maison qui abrita le temps d’une scène mythique, le quotidien monotone des amoureux.

Qu’est-ce que je peux faire ? J’sais pas quoi faire. Anna Karina marche sur la plage Notre-Dame. L’ennui est total. Le soleil et la mer ne suffisent pas à la rendre heureuse.

J’escalade quelques rochers. Impatience. Les mouettes semblent protéger les alentours de la bâtisse. Cachée par des arbres, elle se montre enfin. Les volets rouges ont disparu.

Deux pièces sont abandonnées.

J’immortalise cet instant avec joie. Précieuses photographies.

Je m’éloigne en admirant le ponton.

La musique d’Antoine Duhamel m’accompagne. Divine et tragique.

Le jour d’avant, je me suis rendue au Moulin du Bonheur avec la certitude d’écrire sur la plus belle œuvre de Jean-Luc Godard. Symbolique des sentiments.

Évoquer cette formidable promenade me paraît alors poétique à souhait.

Loin de la foule. Comme Marianne et Ferdinand.

Marion Allard-Latour