Une année placée sous le signe de la gastronomie

Cuisine

Parcourir différentes régions de France est toujours un plaisir. Du Sud-Ouest à Lyon en passant par Paris et la Bretagne, toutes ont un point commun. Cuisine délicate et raffinée.

Florilège des plus beaux moments passés autour d’une table en cette année 2017. D’un endroit à l’autre. La convivialité à l’honneur.

Paris regorge de merveilles. De la brasserie animée en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés au salon de thé de la rue des Rosiers, les palais sont en émoi.

La mythique tarte au citron meringué du Loir dans la théière est impressionnante. Accompagnée d’un chocolat chaud, elle devient succulente. L’hiver paraît ainsi plus doux et joyeux.

En saison estivale, flâner sur l’île Saint-Louis en s’offrant une glace Berthillon représente un bonheur sans égal.

Lors d’une excursion à Toulouse, profitez de la place du Capitole ensoleillée et de l’excellent restaurant Les Arcades est un passage obligé.

Un somptueux filet de canette agrémenté d’un gratin dauphinois crémeux embellit la journée.

En arpentant les ruelles de la cité de Carcassonne, l’émerveillement est à son comble. Lors d’une pause méritée, prendre place au Trouvère afin de déguster un véritable cassoulet, reste une joie réelle pour tous les épicuriens.

L’automne approchant, se promener en Bretagne est un délice. Avis de tempête. Bourrasque de vent. Pluie fréquente. Mais le paysage est si beau que l’on en oublie les nombreuses intempéries. Septembre.

Chaque soir, le Breiz Armor régale avec ses entrées sophistiquées. La belle sole sent encore la mer. La nuit tombe. Nous entendons les vagues rouler dans l’obscurité.

Les célèbres bouchons lyonnais font la gloire de la ville lumière. Quai Saint-Antoine. Nous traversons la passerelle du Palais de Justice. La Saône.

La praline et la rosette. Nos meilleurs amis.

L’art culinaire dans toute sa splendeur !

La vallée du Loir est exceptionnelle de par le charme de ses villages.

À Chahaignes, déjeuner chez Miton est un moment exquis.

Les gambas et le gâteau marbré au chocolat éveillent en nous des sentiments heureux et rares.

Un verre de Jasnières couronne l’ensemble des mets ! Un repas de roi !

Bonnes fêtes à tous !

Marion Allard-Latour

Marie Curie, pour l’amour des sciences

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À l’occasion du 150ème anniversaire de sa naissance, le Panthéon consacre à Marie Curie une passionnante exposition.

Née en 1867 à Varsovie, la jeune Maria Slodowska grandit auprès d’une famille intellectuelle et avant-gardiste. Ses parents, enseignants, inculquent à leur fille le sens du devoir.

Étudiante, elle décide de suivre les cours de « l’Université volante » en Pologne. Les femmes, interdites d’exercer la profession de leur choix, sont alors contraintes de renoncer à toute carrière.

La volonté est la première qualité de Marie Curie. En 1891, elle s’installe à Paris. Menant de brillantes études à la faculté des sciences, elle obtient deux licences en mathématiques et en physique.

Les visiteurs contemplent avec une certaine émotion les précieux diplômes. Solennité.

L’année 1894 est décisive. Pierre Curie entre dans sa vie. Rapidement, ils deviennent des scientifiques renommés. Plusieurs journaux de l’époque en témoignent.

Marie et Pierre Curie sont à l’origine de la découverte du radium et du polonium, deux éléments chimiques potentiellement mortels pour l’homme. Après les travaux d’Henri Becquerel portant sur la radioactivité, ces recherches représentent une avancée essentielle en terme d’amélioration de la qualité de l’air et de la vie. Une véritable quête.

Plusieurs minutes durant, j’observe avec la plus extrême des attentions, l’appareil servant à mesurer ce dangereux phénomène, devenu au fil des décennies grande source d’angoisse pour la population mondiale.

Marie Curie accordait une importance considérable aux carnets de notes. Nombre d’entre eux sont exposés. Regards admiratifs. Belle et limpide écriture.

Je lis chaque mot.

Les ingénieuses idées sont inscrites dans ces cahiers restés intactes.

Déambulation. Quelques films sont projetés. Marie Curie est aussi mère de famille. Les lettres envoyées à ses filles, Irène et Ève, montrent le profond attachement entre les trois femmes. Tendres conseils.

Pierre Curie meurt tragiquement en 1906. Digne et courageuse, Marie Curie continue ses missions. En 1908, elle est nommée professeur général des sciences de l’Université de Paris par le Président de la République, Armand Fallières.

Grande sportive, elle s’émeut du fait que les jeunes filles ne bénéficient pas d’un apprentissage complet en ce domaine au sein des grandes écoles parisiennes.

Pendant la Première Guerre mondiale, Marie Curie s’engage en développant des services de radiologie afin de soigner les soldats blessés.

Elle forme également des infirmières à ces nouvelles techniques médicales.

La femme aux deux prix Nobel de physique et de chimie ne cessa jamais d’être aussi discrète qu’extraordinaire.

Décédée en 1934, elle reste un modèle de réussite et de détermination pour les jeunes générations.

L’Institut Curie, fondé en 1909, est depuis plus d’un siècle un lieu où se mêlent exigence, éthique et morale.

En 1995, Marie et Pierre Curie entrent au Panthéon.

Indissociables !

Les multiples photographies présentées sont d’une rare beauté.

Couleurs. Noir et blanc.

Le temps n’efface rien.

Que la mémoire vive !

 Marion Allard-Latour

La Règle du jeu : la fête peut commencer

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Le célèbre film de Jean Renoir est resté dans tous les esprits. La troupe de la Comédie-Française reprend « La Règle du jeu » pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Les sentiments sont multiples. Durant les vingt-six premières minutes, nous sommes au cinéma. Les comédiens déambulent au sein des différentes pièces du théâtre. Tous leurs faits et gestes sont retransmis sur un écran.

Une réception s’organise. Les invités arrivent peu à peu. L’ambiance est sereine. Mondaine.

André Jurieux est accueilli en héros. Il a réussi à traverser l’Atlantique en un temps exceptionnel !

Christine, la femme qui l’a aidé à réaliser cet exploit n’est pas là. Déception.

La salle Richelieu se transforme en coulisse d’une histoire rocambolesque. Certains convives partent à la recherche de Christine. Une angoisse naît alors.

Le public devient lui-même acteur.

Puis la joyeuse équipe rejoint la scène. Geneviève, la maîtresse de Robert, lui-même époux de Christine, se met à chanter avec d’autres amis « Paroles, paroles » de Dalida.

Les rires ne cessent de retentir.

Champagne, piano, folie.

Christine est mariée mais elle aime André. Choix difficile. La soirée continue. Charles Trenet. Des airs italiens.

Néanmoins, les heures s’écoulent et la tension monte.

Schumacher, mari de Lisette, est un homme jaloux. Il pense que cette dernière s’est éprise d’Octave, ami d’enfance de Christine.

Les domestiques se mêlent à la vie des puissants.

La musique s’arrête. Robert a surpris son épouse et André. Il comprend que tout lui échappe.

Une conversation doit avoir lieu. En vain. Schumacher, colérique, fait irruption et sort un revolver. Il tire. Aucun mort.

Nous sommes étonnés tant l’ensemble est imprévisible !

André et Robert finissent par se réconcilier. Le mari trompé désire voir sa femme heureuse. Retournement de situation.

Rideau ! Écran !

Octave et Christine ont trouvé refuge sur le balcon. Ils se déclarent mutuellement leur amour impossible.

Schumacher et son acolyte Marceau ont été viré ! À l’extérieur, le froid se fait sentir.

Christine sort à son tour avec André. Schumacher prend la jeune femme pour Lisette. Il tue André. Il pense que c’est Octave.

Incroyable spectacle ! Jamais nous n’avons été aussi proche de la lumière !

La mise en scène de Christiane Jatahy est unique ! La frontière entre cinéma et théâtre est infime.

Fabuleuse plongée dans l’inconnu ! Un moment exquis servi par d’immenses comédiens !

Marion Allard-Latour

Les Trois Soeurs de Tchekhov : chronique des temps modernes

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L’Odéon-Théâtre de l’Europe est une splendeur. Le plafond réalisé par André Masson en 1965 le prouve absolument.

En plein cœur du VIème arrondissement de Paris se joue actuellement « Les Trois Sœurs ». Magistral !

La célèbre pièce de Tchekhov a été entièrement réécrite par Simon Stone, génie du XXIème siècle. Deux heures et demi de choc !

Olga, Macha et Irina sont soeurs. Ce lien de parenté ne semble pas les émouvoir. L’aînée est un personnage difficile à comprendre, mystérieuse. Sa vie privée est inconnue de tous. Elle sait garder ses secrets.

Macha est mariée à Théo, l’homme parfait. Un jour, un voisin vient sonner à la porte de la maison familiale, située à proximité d’un lac. Alexandre. Un prénom. Bouleversement émotionnel pour la cadette. Amour. Passion. Destruction.

Irina est la plus jeune. Insouciante, elle croit aimer Nicolas. Puis Victor, un de ses amis fait irruption lors d’une réunion où tous sont présents.

Au milieu de ces protagonistes, André, le frère des trois sœurs évolue en parallèle. Sa compagne Natacha est aussi bête que lui alcoolique et drogué. Une descente aux enfers. Cependant, doté d’un humour ravageur, André parvient à attendrir l’ensemble de cette famille.

Quant à l’oncle Roman, vieux et désespéré, il n’attend plus rien.

Parfois, Bob s’invite.

Les spectateurs voient chacun des membres de cette communauté vivre au sein d’une demeure très moderne.

Ils sont enfermés dans leur bulle. Disputes, brisures, réconciliations, ruptures définitives.

La politique comme sujet de prédilection. Cette œuvre est le reflet de notre société actuelle.

Nous étions utopistes. Le monde était beau. Les gens s’aimaient. Il n’en est rien.

La fratrie montre ses limites.

Irina rêve d’aider tous les migrants de la planète alors qu’elle n’arrive pas à déceler le mal-être de Nicolas.

Macha donne des leçons de morale. Elle est incapable de choisir entre deux hommes.

Olga veut être responsable.

La plus sincère est Natacha. Sous ses airs délurés, elle sait ce qu’elle désire. Deux enfants. Jusqu’à l’implosion du couple.

Tous les comédiens sont exceptionnels de par leur jeu et leur grandeur !

La mise en scène de Simon Stone est remarquable. La réalité nous rattrape à chaque instant ! Saisissant !

Marion Allard-Latour