L’exposition étoilée au Musée d’Orsay

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Le Musée d’Orsay nous plonge actuellement dans un autre monde, celui de la beauté, du tragique, de l’extraordinaire. Un monde onirique. Un monde où l’on ferait bien de s’échapper un peu, le temps d’une exposition. Retour sur des coups de cœur et des coups de rêve !

Monet, Gauguin, Kandisky et les autres

Entrée à Orsay, je me dirige directement vers les affiches où l’on peut lire ces mots mystérieux : Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandisky. Emerveillée, je le suis immédiatement. Les premières toiles de l’exposition sont celles de Claude Monet et représentent une série de tableaux sur la cathédrale de Rouen. Le réalisme est tel que les spectateurs pourraient se croire accrochés au monument, comme s’ils étaient en suspension. Puis les célèbres Nymphéas (1916-1919) nous plongent dans un monde unique qui n’existe sans doute pas ou loin, très loin, entrant dans le domaine des songes. On a envie de les voir en vrai, entrer dans l’œuvre pour ne plus en sortir.

Ce qui est marquant, ce sont les couleurs de l’ensemble des tableaux, tantôt tristes, tantôt chaudes et vives.

Kandinsky n’est pas absent bien au contraire. Il est présent à travers Accord Réciproque (1942). Paul Gauguin, lui, nous surprend avec ses œuvres toujours très colorées, joyeuses et vives. Il en est de même pour Paul Sérusier, Maurice Denis ou Odilon Redon. Un inventaire à la Prévert.

Le Groupe des sept

Le Groupe des sept est un groupe de peintres canadiens crée en 1913. Les sept artistes désirent rompre avec l’impressionnisme européen qui rencontra un succès réel au Canada. C’est ainsi qu’Harris, Varley, Carmichael, MacDonald, Johnston, Lismer et Jackson devinrent amis et inventèrent une nouvelle peinture en osmose totale avec la nature. Harris peignit admirablement les Grands Lacs d’Amérique dans les années 1920. Thomson, mort prématurément et n’ayant pas officiellement participé au groupe, réalisa Algonquin Park en 1915 entre autre. Toutes ces œuvres montrent que les artistes placent la nature au-dessus de tout et en montrent ses bienfaits comme ses caprices. C’est à partir de là que l’on peut allier l’onirisme et la nature. Tout dans ces paysages semble calme et houleux à la fois. Devant ces œuvres, je suis émue et tente de comprendre le message de chaque peintre.

Thèmes variés

Au fil des salles, je redécouvre les tableaux de Vincent Van Gogh et sa splendide Nuit Etoilée, vue sur le Rhône à Arles par une belle obscurité.

C’est avec bonheur que je vois pour la première fois les œuvres d’Emily Carr et son extraordinaire Eglise amérindienne (1929) se trouvant au milieu d’une forêt. Touchée, je reste de longues minutes devant la toile, m’imaginant alors là, au milieu de la nature, sans rien, juste le rêve pour m’évader.

Puis vint le moment tragique, celui des paysages dévastés par la Première Guerre Mondiale. Félix Vallonton , Paul Nash, Schiele, Jackson. Ils sont nombreux à avoir côtoyer la mort et à mettre ce drame en scène.

L’exposition se termine par une ambiance particulière, mystique. La musique qui s’est propagée dans la salle l’est tout autant. Et mon dernier éblouissement fut pour le Soleil de Munch.

L’évasion est à portée de nous, elle est à Orsay !

Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Exposition Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandisky. Jusqu’au 25 juin 2017 au Musée d’Orsay

Un amour impossible : joyau du théâtre

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Le Théâtre de l’Odéon propose actuellement la sublime pièce Un amour impossible tirée du roman de Christine Angot. L’histoire d’une mère et de sa fille, d’une relation fusionnelle et d’un lourd silence.

Rachel Schwartz (jouée par Bulle Ogier) a aimé un homme. Ensemble ils ont une fille, Christine (Maria de Medeiros). Christine ne rencontre son père qu’à l’adolescence, âge compliqué, âge où l’on a envie de comprendre d’où l’on vient. Son père est, lors de leur premier rendez-vous, un personnage qui lui semble doté d’une intelligence et d’une culture extraordinaire. Cependant, au fil des autres rencontres, il montre à Christine son caractère véritable, celui d’un homme qui abuse d’elle. Elle en veut à sa mère de ne pas l’avoir protégée comme elle l’aurait voulue. Pourtant elle a été là, à sa manière, comme une mère.

La subtilité de la pièce est de montrer cet amour incroyable entre Rachel et Christine durant toute son enfance puis la dégradation des liens due à ce silence, à ce tabou. Rachel comprend sa fille, sa douleur, son unique amour.

Avec une mise en scène de Célie Pauthe très épurée, d’abord style très seventies puis beaucoup plus moderne, on se met à la place de la mère et de la fille alors que la salle est plongée dans la pénombre. Les spectateurs vivent leur histoire.

Bulle Ogier et Maria de Medeiros sont exceptionnelles et belles.

On rit parfois, on pleure souvent. Cet amour impossible est le plus sincère et le plus émouvant. Mais amour impossible entre qui ? La mère et la fille ? La fille et le père ? La mère et le père ?

En fond sonore, nous entendons Histoire d’un amour. Cette pièce nous amène à une réflexion sur l’amour filial et plus particulièrement sur l’amour maternel.

Une pièce unique d’où l’on sort bouleversé. À voir absolument pour tous les amoureux de théâtre et des mots !

Marion Allard-Latour