René Magritte, le peintre philosophe

ob_ac4a4a_rene-magritteSon nom est connu dans le monde entier. Magritte est un des plus grands peintres du XXème siècle et c’est pour cela que le Centre Pompidou lui dédie une exposition passionnante, riche en découvertes. Derrière chaque peinture se cache des idées liées à la philosophie et à la réflexion sur le monde qui l’entoure. C’est un éblouissement, une sorte de communion avec l’artiste, on le comprend et on se met à la place des personnages et des objets qu’il réalise. Magritte introduit un nouveau genre, celui de la peinture philosophique. Les visiteurs ne s’arrêtent pas devant une toile mais ils songent et essaient d’appréhender la vision du peintre.

Pour tous les amoureux de la philosophie et de la peinture, cette exposition est à voir absolument !

René Magritte, un ovni dans le monde artistique

Né en 1898 en Belgique, René Magritte, dès son installation à Paris fréquente les Surréalistes. Il s’imprègne de leurs idées mais très rapidement, le peintre va peu à peu s’émanciper et créer un courant qui lui est propre. Cette particularité confère à son œuvre un charme absolu.

Dès le début de l’exposition, j’ai été subjuguée par la précision de son trait et de son approche mêlant le rêve à la réalité.

Le plus souvent, Magritte utilise un objet qu’il représente dans plusieurs de ses tableaux ; c’est le cas avec La Lampe philosophique (1936) et Le Stropiat (1948) où la pipe est le symbole de ces œuvres. Il fait d’un objet plusieurs fonctions, ce qui est intéressant pour réfléchir sur les éléments  matériels qui nous entourent.

Dans La Durée poignardée, Magritte provoque une « rencontre » entre deux objets ayant une fonction commune (production de fumée) : une locomotive et une cheminée. Comme souvent l’artiste s’amuse à juxtaposer différents éléments.

Cependant, pour les visiteurs, un autre aspect de son œuvre suscite un étonnement. Magritte réalise une série de tableaux portant sur les songes. Ces derniers sont représentés par des objets du quotidien (clef, œuf, verre…). En tant que spectatrice, je me demandais si Magritte ne les voyait pas comme la clé du bonheur et du confort. En réalité, ceci n’est qu’une suggestion puisqu’il est impossible de connaître l’exacte vérité à propos de l’importance de ces matières. De plus, l’art n’est pas toujours fait pour être compris et se faire ses propres réflexions est parfois plus instructif.

Magritte est très influencé par les philosophes, ce qui explique les thèmes choisis et leur complexité.

La diversité de son œuvre

René Magritte a connu plusieurs périodes mais la plus célèbre reste la « période vache » où il réalise des tableaux avec des personnages grotesques comme La Famine (1948). Son approche de la peinture appartient alors au registre de l’absurde ; certains de ces personnages se rapprochent , par exemple,  des « Pieds Nickelés ».

D’une salle à l’autre, on assiste certes à l’évolution de son œuvre tout en constatant sa grande diversité. Dans Le Rêve, il montre une femme qui pourrait directement sortir de l’Antiquité.

Magritte peint aussi divers tableaux qui mettent en valeur le trompe l’œil et la mise en abyme, comme Le Beau Monde (1962) et Le Blanc-Seing.

Sa proximité avec des philosophes comme Alphonse de Waehlens, conduira certains d’entre eux à lui rendre hommage ; c’est ainsi que Michel Foucault publiera, en 1973, Ceci n’est pas une pipe, en référence à son plus célèbre tableau.

L’exposition nous fait (re)découvrir la peinture de Magritte et surtout elle permet de nourrir une réflexion  sur la place des choses et des idées dans l’art mais aussi dans la philosophie. Les différentes techniques picturales employées par Magritte nous permettent de comprendre son œuvre et son rapport à la réalité et au rêve.

Une belle parenthèse de culture et de curiosité !

 

 Marion Allard-Latour

L’Opéra : joyau de Paris

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À chaque visite de l’Opéra Garnier, la magie opère. Que l’on aime la musique classique ou les ballets,l’on est subjugué par la beauté du lieu, son histoire et ses « coups de théâtre ». Retour sur cet emblématique endroit à deux pas de la place Vendôme.

Charles Garnier, architecte et visionnaire

Aujourd’hui l’architecte est connu dans le monde entier. D’ailleurs il a inspiré un grand nombre de ses contemporains dans ce domaine. Inauguré en 1875, l’Opéra Garnier a tout de suite été considéré comme une référence en matière de style en cette fin de XIXème siècle. À l’époque les plus grands compositeurs et musiciens se pressaient pour interpréter de célèbres rôles ; Jules Massenet avec son « Werther » mais aussi Bizet et sa somptueuse « Carmen ».

L’Opéra Garnier est donc devenu au fil des années une scène incontournable pour tous les artistes.

Le 14 décembre 1894, l’Opéra fête la millième représentation de Faust de Richard Wagner. Ce dernier est le plus grand compositeur allemand et il possède une renommée mondiale. C’est alors pour l’Opéra Garnier un véritable honneur, vingt ans après sa création, de pouvoir faire jouer de telles œuvres.

L’Opéra et le prestige

Au XXème siècle, l’Opéra Garnier s’affirme de plus en plus tant dans sa programmation que dans sa recherche de l’excellence. C’est ainsi que les plus grandes divas laisseront une empreinte éternelle ; Maria Callas interprétant Norma de Bellini ou encore Victoria de Los Angeles transformée en belle Marguerite dans le Faust de Charles Gounod.

Les ballets font aussi la renommée de ce lieu unique avec Le Lac des Cygnes de Tchaïkovsky pour ne donner qu’un exemple.

Parmi les danseurs, certains sont des étoiles comme Rudolf Noureev, Maurice Béjart ou Aurélie Dupont.

Depuis 1964, la salle mythique de l’Opéra Garnier renferme une œuvre majeure du XXème siècle ; il s’agit bien évidemment du plafond réalisé par Marc Chagall. Aujourd’hui encore des personnes du monde entier viennent admirer cet autre joyau.

L’Opéra de Paris reste donc ce lieu unique qui allie à la fois beauté, volupté et sensibilité.

Nos yeux ne sont sans doute pas assez grands pour observer et admirer tous les détails architecturaux. Toutefois laissez-vous guider dans le Grand Foyer. Là vous trouverez des peintures murales absolument somptueuses et des lustres datant d’un autre siècle.

Et pour tous les amoureux de la musique et de la danse, la programmation est toujours remarquable (Carmen, Les Contes d’Hoffmann, Rigoletto, Tosca…)

 

 Marion Allard-Latour